Journal d'un Terrien

Journal d’un Terrien # 4 : Rien n’est impossible

Le néant… Quel mot fascinant… ! Impossible qu’il puisse exister. Certes, je sais ce que vous vous dites ! Mais avant que vous vous étonniez de l’absurdité d’un tel préambule et que vous vous munissiez vaillamment de votre clavier pour me signifier une bonne fois pour toute la définition du mot « titre », sachez ceci : Rien n’est impossible (enfin je crois). Alors essayons d’oublier le temps d’un ou deux paragraphes cette incohérence liminaire, car j’y reviendrai.

  Pour commencer, il me faut raconter une histoire. Ou plutôt évoquer une anecdote de mon passé. J’étais alors très jeune — peut-être moins de 9 ans — et tout comme aujourd’hui il m’arrivait de me questionner sur des choses et autres, tantôt pratiques, tantôt introspectives ou contemplatives. Ce jour-là l’envie m’avait poussé à m’interroger au sujet du cosmos. Je connaissais les planètes, les étoiles, les galaxies, puis je me pris à imaginer ce qu’était l’Univers et pour finir, ce que pourrait être un « en dehors » de ce principe.

  Jusqu’à ce jour j’avais toujours reçu des « images » en réponse à mon intention. C’est là le fonctionnement de l’imagination : on se focalise et on se relie à un concept qu’on visualise sous forme d’images mentales. Mais à ce moment précis je m’étais heurté à un « mur ». Une barrière intérieure m’avait fermé l’accès, m’avait interdit la connexion à cette chose qui lui semblait impossible. Maintenant je me l’explique très bien : l’Univers englobant tous les potentiels, se servir de son imagination c’est piocher dans une bibliothèque infinie où cohabite absolument tout, à moins qu’on lui demande le rien.

  À ce moment précis je venais de faire, pour la première fois de ma vie, un Out-of-band existentiel. J’avais glitché la machine, j’avais cherché à me relier à la seule chose qu’il m’était impossible de comprendre, de visualiser, de concevoir. On peut parler du néant, mais si on cherche à l’imaginer on se heurte, on échoue. Aucune image, aucune sensation, un mur ; l’Univers s’avoue en rupture de stock, on est venu fourrer son nez dans la seule étagère vide de la bibliothèque.

  Le néant ne peut exister puisque dans l’absolu tout n’est qu’un, tout existe en même temps et au même endroit, et si tout existe en même temps la seule éventualité qu’il n’existe rien infirme pour toujours le fait qu’il puisse exister des choses.

(Mes excuses pour cette explication, je ne pouvais pas aborder un principe qui n’a pas de sens sans faire au moins une phrase du même acabit !)

 

  Et il en va d’ailleurs de même pour la mort. Notre conscience, notre perception étant quelque chose qui existe, il lui est impossible de concevoir un état ou elle-même n’existerait plus, puisque c’est elle justement qui nous permet de concevoir. Vous pouvez y croire, mais essayez de l’imaginer, de vous la représenter, et vous constaterez que vous n’y arriverez pas. Se connecter à la mort (vu en tant que fin définitive et irrémédiable du principe d’existence) revient au même que d’essayer de se connecter au néant, ou à un « en-dehors » de tout ce qui est.

  Pour revenir à des considérations plus terre-à-terre, saviez-vous que la science explique très bien pourquoi le néant est une chose impossible ? Enfin, disons qu’avec la bonne interprétation elle le prouve sans le savoir. Voici un extrait d’un article du site https://trustmyscience.com/ au sujet du zéro absolu.

  « Après plus de 100 ans de débats, incluant notamment Albert Einstein en personne, les physiciens ont finalement démontré par une preuve mathématique s’appuyant sur le troisième principe de la thermodynamique, dont les conséquences stipulent que le zéro absolu (0 Kelvin, ou -273,15 °C) ne peut pas être atteint physiquement, car il est impossible que l’entropie d’un système soit totalement nulle. »

 
  Ou pour faire simple, le zéro absolu, soit la température la plus basse théorique, est précisément… théoriquement inatteignable. Cela est maintenant démontré par les lois de la physique. Même les endroits les plus froids du vide interstellaire sont à un ou deux degrés Celsius au-dessus du zéro absolu. Mais quel est le rapport avec le néant dans tout ça ? Et à ceci je répondrai : qu’est-ce que la température ? La température est une mesure qui sert à quantifier le degré d’agitation des molécules dans un corps. Autrement dit, plus un corps est chaud, plus ses molécules s’agitent rapidement, et à contrario plus un corps est froid, plus ses molécules possèdent une faible excitation.

  La température est une vibration. En fait, absolument tout est une vibration ! Eh ben oui, ce bon vieux Albert Einstein cité plus haut démontrait déjà la relation entre l’énergie et la matière dans cette formule aujourd’hui légendaire : E=MC². Soit l’énergie est égale à la masse multipliée par la vitesse de la lumière au carré. Autrement dit (again), la matière n’est qu’un agglomérat d’énergie. Et qu’est-ce que l’énergie ?! Bingo ! Une vibration ! La lumière elle-même est considérée comme à la fois onde et corpuscule, et les électrons, protons, neutrons des atomes disposent de la même propriété ; tout n’est qu’ondes, tout n’est que vibrations.

  La pensée relève du même principe : une vibration ; les émotions également, et si tout cela semble différent alors que dans l’absolu tout n’est qu’un, c’est parce que ce « Un » module toutes ces vibrations sur différents champs de fréquences pour donner à la réalité cette infinité d’apparences. La seule différence entre la lumière et la pierre, c’est leur densité.

  Alors pourquoi le fait que le zéro absolu soit inatteignable démontre que le néant l’est aussi ? Parce que la température est une vibration moléculaire, qu’absolument tout est vibration, et puisqu’il est impossible d’atteindre même un court instant à un endroit très précis un état de pure immobilité vibratoire, alors il est impossible de créer un espace ou le tout ne peut prendre sa place.

  Dieu est tout ce qui existe, tout ce qui existe est vibration, alors un endroit où règne le zéro absolu serait un espace sans Dieu, et cela est impossible.

 

  Vous souvenez-vous de mon titre et de mon étrange introduction ? J’affirmais assez cocassement que rien n’était impossible mais que le néant l’était quand même. Regardons maintenant de plus près la phrase « rien n’est impossible »… Rien ! Qu’est-ce que le néant ? Le rien ! Aussi la phrase « Rien n’est impossible » peut très bien se comprendre « Rien est impossible », ou « Le néant est impossible » !

  Lorsque la sagesse cachée du langage s’en mêle, je découvre une source d’inspiration aussi belle que sincère, comme une vérité simple et pourtant extraordinaire. La vie comme les mots prend naturellement le chemin de l’ultime vérité qu’est l’Amour, intuitive, unie au tout, malgré toutes les séparations temporaires que peut dresser le mental. Au fond, c’est peut-être ça le plus magique.


  Écrit depuis la Terre, et néanmoins depuis le tout.

Cimee ~

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