Journal d'un Terrien

Journal d’un Terrien #1 : Au commencement n’était pas la spiritualité.

Diantre ! En voilà un titre péremptoire… À la place aurait pu figurer d’autres prouesses littéraires tel que « Journal d’un Terrien – L’histoire d’un faux départ » ou « Le jour où je n’ai pas écrit ce texte » ou « Spiritualité : pourquoi donc comment que cela ? » ; mais à choisir entre l’enrobage et la satire j’ai préféré le contre-pied. C’est là toute l’ironie du sort : si au commencement n’était pas la spiritualité, à la source était le désir brûlant de noyer des pages à l’encre de mes considérations spirituelles… Seulement voilà, ce concept est tellement vaste qu’il en devient insaisissable.

  Et puisque j’y viens malgré tout, autant être d’accord avec moi-même et vérifier que mon avis sur la question se conjugue avec mon opinion sur le problème :

 

  — Définition de « spiritualité » (La grande, la vraie) selon un site internet choisi au hasard :

« Qualité de ce qui est esprit ou âme, concerne sa vie, ses manifestations ou qui est du domaine des valeurs morales. »

  Une autre pour le plaisir ?

« Qualité de ce qui est de l’ordre de l’esprit (considéré comme un principe indépendant), de ce qui concerne l’esprit ou dont l’origine n’est pas matérielle. »

  À ce stade, je considère opportun de me renseigner sur la signification du mot « esprit », car c’est précisément cette idée qui transparaît dans la définition et l’étymologie de la spiritualité.

  — Définition de « esprit » :

  •  Souffle vital, principe de vie.

  •  Dieu.

  •  Être incorporel inférieur à la divinité, unique ou principale, mais supérieur à l’homme.

  •  Esprit du mal, le diable, le démon, Satan.

  • Imagination

  •  Principe de la pensée et de l’activité réfléchie de l’homme…

 

  Mais aussi : « Humour, ironie » et particulièrement dans la locution « faire de l’esprit ». Enfin je me suis compris ! Je fais de l’esprit en parlant de spiritualité ! En outre et au regard du fossé lexical dudit terme, sans doute est-ce la seule manière de l’aborder sans le perdre.

  Du souffle inspirant de la vie au mental étriqué du Terrien, de sa place dans la hiérarchie divine pour peu qu’on le situe à l’intérieur ou à l’extérieur de l’homme, de Satan à Dieu en passant par tous les échelons intermédiaires, sa définition est si confuse que je pourrais verser dans le blasphème simplement en oubliant une virgule. Mais puisqu’il faut trancher et que je n’ai que moi pour juger, admettons que l’Esprit soit Dieu. Du moins le grand Esprit, celui que j’orne fièrement de sa majuscule, que j’honore sur mes pages par cette éminence manuscrite.

  Ô Esprit ! Rien que pour toi, je te dédie tout un alinéa. Ainsi donc la spiritualité traite de l’esprit et l’esprit serait — entre autres choses — Dieu. Se pose alors d’elle-même une ultime question : Qu’est-ce Dieu ?!

  Eh bien non. Dieu merci, je vais épargner mon petit esprit d’un long et pénible exposé théologique. Je crois que c’est ici que je suis tombé d’accord sur le fait que « spiritualité » ne veut rien dire. Il est des choses qui ne peuvent être expliquées par les mots. Archaïques quant au domaine de Dieu, leur limitation me frappe dès lors qu’ils décortiquent des principes qui échappent à la raison. Ils deviennent alors froids, rigides, piètres instruments du mental qui tente de s’auto-analyser, rebouclant toujours sur lui-même.

  Je ne définirais pas Dieu, je ne me le représenterais pas si ce n’est par ces instants où mon esprit s’envole vers l’Esprit, ces instants au-delà de tous les mots ; tous sauf un peut-être : Amour, le seul dont la définition me semble aussi vague. Puisque la spiritualité concerne la vie de l’Esprit, que l’Esprit est Dieu et que Dieu est Amour, voici donc ma propre définition de « spiritualité » :

« Principe qui me fait tendre vers l’Amour, seule et unique loi universelle. »

 

  J’aurai voulu parler de spiritualité oui, mais tout compte fait je crois que je vais plutôt parler d’Amour. L’Amour n’est pas compliqué. Il est à chaque coin de rue, à travers chaque idée et dans tous les sourires, surtout ceux des gens qui ne se revendiquent de rien, ne prétendent pas être mais sont, n’ont pas nécessairement de grands mots ni de grands concepts spirituels ; mais de grands esprits.


  Écrit depuis la Terre, en reconnaissance du langage comme un outil bien pratique mais quand même pas tout à fait.

Cimee ~

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